(Installation photo et sonore)
On évoque beaucoup le problème des clandestins dans les médias.
On parle de plus en plus de reconduites à la frontière et l’on débat longuement sur le droit
d’asile.
Mais on ne parle jamais vraiment des hommes eux-mêmes.
On les voit surgir au hasard d’un fais divers, et disparaître aussitôt, rester anonyme.
On ne les écoute jamais puisqu’on ne se demande même pas s’ils ont quelques choses à dire.
Comment vit-on en France, quand on n’a pas de papiers, pas de carte de séjour, pas d’autorisation
de travailler ?
Quelles relations continue-t-on d’entretenir avec son pays,
Que préserve-t-on de soi-même, qui reste enraciné là-bas ?
Ce dispositif photos et sons (1 casques audio) met l’accent sur l’ambivalence de l’identité de ces
hommes.
Les photos représentent des silhouettes flottantes qui survolent le sol sans véritablement le
toucher.
Leurs présences surnaturelles semblent vouloir monter vers le haut sans y accéder.
Elles sont en tension entre le ciel et la terre et semblent en suspens dans une tragique et
inextricable attente.
En parallèle, on écoute dans un casque des paroles de clandestins concrétisant leurs angoisses
et leurs souffrances quotidiennes.
Cette installation a pour but de nous interroger :
Les hommes qui cherchent à réussir leur vie ne méritent-ils pas le respect ?